

Après des cours privés donnés par un précepteur, Henri Dunant se lance dans une carrière d'employé de banque, puis d'agent d'exploitation terrienne en Algérie. De retour en Europe pour ses affaires, il assiste par hasard, en 1859, à la bataille de Solférino. En 1862, il publie le récit Un souvenir de Solférino.
Puis il se lance dans une campagne en faveur de la réunion d'une conférence qui aboutit à la Convention de Genève de 1864, en vue de «civiliser la guerre». Il a ainsi l'idée de créer un Comité international qui viendrait en aide aux blessés et aux prisonniers de guerre. Ce sera le futur Comité international de la Croix- Rouge.
C'est grâce à Bertha von Suttner, que sa candidature est présentée au Prix Nobel. Sa nomination est critiquée puisqu'il s'est davantage occupé de la guerre que de trouver des solutions pour la paix.
Au crépuscule d'une existence si mouvementée, si riche en expériences humaines, le philanthrope genevois se pose des questions fondamentales. Pourquoi la misère dans des pays Arrivéaussi prospères et puissants que l'Angleterre ? Pourquoi tant de souffrances inutiles, comme celles des jeunes soldats envoyés à la boucherie des combats ?


En 1862, Un Souvenir de Solférino dénonçait les conséquences immédiates de la guerre. Vers 1892, Dunant élabore un nouveau livre, cette fois afin de combattre les causes elles-mêmes du fléau. C'est L'avenir sanglant, où il montre que les budgets militaires saignent les ressources des peuples, que la course aux armements aboutira à une catastrophe mondiale (il ne verra pas – heureusement pour lui – la guerre de 1914-1918 et ses quelque 20 000 000 de morts), que le service militaire démoralise les jeunes et pervertit leur éducation.
Premier prix Nobel de la paix ! Après tant d'efforts. Après tant de difficultés. Après tant d'échecs cuisants. Après tant de persécutions – tantôt réelles, tantôt imaginaires – toujours douloureusement ressenties. C'est la gloire assurée, la sécurité pour son œuvre, la reconnaissance universelle de ses mérites.
Toujours calfeutré dans sa chambre d'hôpital à Heiden, Dunant passe les neuf dernières années de sa vie dans une plus grande tranquillité. Comme une lampe dont l'huile se consume peu à peu, il s'éteint le 30 octobre 1910, à 82 ans.
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